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Retour à la listePrescription infirmière : ce qui change avec l’arrêté du 26 juin 2026
La prescription infirmière connaît une évolution majeure avec la loi du 27 juin 2025 et l’arrêté du 26 juin 2026. Ces textes renforcent l’autonomie des infirmiers en élargissant leurs possibilités de prescription de dispositifs médicaux, de certains médicaments, de vaccins et d’examens complémentaires.2 3Cette réforme répond à plusieurs enjeux : amélioration de l’accès aux soins, développement du maintien à domicile, prise en charge des patients chroniques et valorisation du raisonnement clinique infirmier.4 5Quelles sont les nouvelles compétences des IDE ? Quels examens peuvent-ils désormais prescrire ? Quels impacts pour les infirmiers libéraux et salariés ? Décryptage.
Ce qu’il faut retenir
✅ La prescription infirmière évolue fortement depuis 2026.
✅ Les IDE peuvent désormais prescrire davantage de dispositifs médicaux.
✅ Certains médicaments de première intention sont autorisés.
✅ Les infirmiers peuvent prescrire plusieurs examens biologiques ciblés.
✅ Les compétences en santé sexuelle et vaccination sont élargies.
✅ Toute prescription doit être tracée dans le dossier du patient ou le DMP.
Prescription infirmière : de l’infirmier exécutant à l’infirmier prescripteur
Pendant longtemps, la prescription est restée l’un des marqueurs les plus emblématiques de la frontière entre les professions médicales et paramédicales.
Les infirmiers, pourtant présents au plus près des patients, capables d’évaluer leur état clinique et d’identifier rapidement leurs besoins, ne disposaient que d’une autonomie limitée dans ce domaine.
Dans de nombreuses situations du quotidien, ils devaient solliciter un médecin pour obtenir une ordonnance.
Les besoins de santé évoluent, les maladies chroniques se multiplient, le maintien à domicile concerne un nombre croissant de patients et les difficultés d’accès à un médecin deviennent une réalité dans de nombreux territoires.
Dans ce contexte, continuer à mobiliser une consultation médicale pour des prescriptions essentiellement techniques apparaissait de moins en moins pertinent.
L’arrêté du 26 juin 2026, qui fixe la liste des produits de santé et des examens complémentaires pouvant être prescrits par les infirmiers, donne un contenu concret à la loi du 27 juin 2025 relative à la profession d’infirmier.
Mais au-delà des textes, une question intéresse avant tout les professionnels :
- Qu’est-ce qui change réellement dans la pratique quotidienne ?
- Quelles sont les nouvelles possibilités offertes aux infirmiers ?
- En quoi ces évolutions vont-elles modifier l’exercice en cabinet, à domicile ou en structure ?
C’est à ces questions que nous allons répondre.
Une réforme qui ne sort pas de nulle part
Contrairement à ce que certains pourraient penser, les nouvelles compétences de prescription n’ont pas été créées du jour au lendemain.
Elles sont l’aboutissement d’une évolution engagée depuis plus de quinze ans.
Les premiers élargissements concernaient essentiellement les dispositifs médicaux nécessaires à la continuité des soins.
Puis sont venues les compétences vaccinales. Initialement limitées à l’administration de certains vaccins sur prescription médicale, elles se sont progressivement élargies jusqu’à permettre, dans certaines situations, la prescription elle-même.
Ces évolutions répondaient déjà à une logique simple : lorsque la prescription est directement liée au soin réalisé par l’infirmier, il paraît cohérent que celui-ci puisse l’établir lui-même.
Les limites de la prescription infirmière avant 2026
Depuis l’arrêté du 20 mars 2012 (qui du reste est abrogé), ils pouvaient prescrire certains dispositifs médicaux inscrits sur une liste réglementaire : pansements, compresses, bandes, matériels destinés au traitement des plaies, dispositifs liés aux perfusions, matériel d’incontinence ou encore quelques aides techniques.
Cette possibilité représentait déjà un progrès important puisqu’elle évitait de nombreuses consultations médicales uniquement destinées à renouveler un matériel indispensable.
Cependant, ces prescriptions restaient essentiellement techniques.
Prenons un exemple concret.
Une infirmière libérale suit quotidiennement un patient présentant un ulcère veineux. Elle constate que le pansement utilisé jusque-là n’est plus adapté à l’évolution de la plaie. Elle peut modifier le type de pansement dans les limites prévues par les textes, mais si le patient a besoin d’un nouveau dispositif ne figurant pas sur la liste autorisée, d’un traitement complémentaire ou d’un examen biologique, une prescription médicale reste indispensable.
Même constat lors du suivi d’un patient âgé à domicile.
L’infirmier identifie rapidement qu’un matériel de transfert serait désormais nécessaire pour sécuriser les mobilisations. Pourtant, tant que ce matériel n’entre pas dans la liste des dispositifs qu’il peut prescrire, il doit solliciter le médecin traitant. Celui-ci, qui ne connaît pas toujours les contraintes du domicile, doit parfois se déplacer ou revoir le patient uniquement pour établir une ordonnance.
Ces situations étaient fréquentes.
Elles mobilisaient inutilement du temps médical et rallongeaient parfois les délais de prise en charge.
La loi du 27 juin 2025 change la philosophie de l’exercice
La véritable révolution introduite par la loi ne réside pas uniquement dans l’extension des prescriptions.
Elle est beaucoup plus profonde.
Jusqu’alors, l’exercice infirmier était principalement défini par une succession d’actes techniques.
La réforme de 2025 reconnaît officiellement que l’infirmier mobilise avant tout un raisonnement clinique.
Autrement dit, l’infirmier n’est plus seulement celui qui réalise un soin.
Il est celui qui observe, analyse, évalue, décide dans son champ de compétences et met en œuvre les interventions les plus adaptées.
Cette reconnaissance se traduit par plusieurs avancées majeures.
La loi inscrit dans le Code de la santé publique la consultation infirmière, permettant à l’infirmier de recevoir un patient pour évaluer une situation relevant de son champ de compétences.
Elle consacre également le diagnostic infirmier, déjà largement utilisé dans les référentiels internationaux mais jusqu’alors peu reconnu dans les textes français.
Enfin, elle ouvre la possibilité de prescrire certains produits de santé et examens complémentaires.
Autrement dit, la prescription n’est plus considérée comme une compétence isolée ; elle devient l’une des conséquences logiques d’une autonomie clinique renforcée.
Ce qui change concrètement pour les infirmiers
Cette évolution est loin d’être symbolique.
Elle modifie concrètement la façon d’exercer.
Auparavant, le raisonnement clinique aboutissait souvent à une conclusion frustrante : le besoin du patient était identifié, mais il fallait attendre une prescription médicale pour agir.
Désormais, dans un nombre croissant de situations, l’infirmier pourra aller jusqu’au terme de sa démarche clinique.
Il pourra identifier un besoin, choisir le dispositif ou le produit adapté parmi ceux autorisés, rédiger la prescription, assurer le soin puis en évaluer les résultats.
Cette continuité constitue probablement la principale avancée de la réforme.
Elle permet également de renforcer la cohérence des prises en charge, notamment à domicile où l’infirmier est souvent le professionnel de santé qui connaît le mieux les conditions de vie du patient.
Pourquoi un arrêté était indispensable ?
La loi de 2025 pose un principe : les infirmiers peuvent prescrire certains produits de santé et examens complémentaires.
Mais une question essentielle demeurait : lesquels ?
C’est précisément le rôle de l’arrêté du 26 juin 2026.
Loin d’être un simple document administratif, il représente la traduction opérationnelle de la réforme. Il détaille, de manière exhaustive, les produits de santé, les dispositifs médicaux, les vaccins, les médicaments et les examens complémentaires pouvant être prescrits ou renouvelés par les infirmiers.
C’est également lui qui permet de mesurer l’ampleur des nouvelles compétences accordées à la profession.
Quels produits les infirmiers peuvent-ils prescrire en 2026 ?
Si la loi du 27 juin 2025 pose les fondations, l’arrêté du 26 juin 2026 en construit l’architecture concrète.
C’est lui qui transforme une reconnaissance de principe en outils utilisables au quotidien par les infirmiers.
C’est souvent à ce niveau que se joue la véritable compréhension d’une réforme : non pas dans les grands principes, mais dans les gestes professionnels du quotidien.
Et pour les infirmiers, la question est simple : qu’est-ce que je peux prescrire aujourd’hui que je ne pouvais pas prescrire hier ?
Une logique nouvelle : partir des besoins du terrain
L’un des changements les plus importants introduits par l’arrêté est méthodologique.
Jusqu’à présent, les listes de prescription infirmière étaient construites de manière relativement fragmentée : quelques dispositifs médicaux, quelques vaccins, et des extensions progressives ajoutées au fil des réformes.
En 2026, la logique est différente.
Le texte part des situations de soins réelles rencontrées par les infirmiers :
- soins à domicile complexes ;
- patients chroniques ;
- situations de dépendance ;
- prévention et vaccination ;
- surveillance clinique rapprochée ;
- coordination des soins.
L’objectif est clair : éviter les prescriptions “bloquantes” qui nécessitent encore un passage médical uniquement administratif.
Vaccination : une autonomie consolidée
Avant l’arrêté de 2026
Les infirmiers pouvaient déjà :
- administrer de nombreux vaccins ;
- prescrire certains vaccins dans un cadre défini par les recommandations ;
- participer aux campagnes vaccinales (grippe, Covid notamment).
Mais la prescription restait encadrée et partielle, avec des situations où le passage par le médecin demeurait nécessaire.
Depuis l’arrêté du 26 juin 2026
Concrètement, les compétences ne changent pas, mais est inscrit à présent dans la loi, l’arrêté du 8 août 20243 est abrogé
Médicaments : une avancée structurante
Avant
La prescription infirmière était quasi inexistante en matière médicamenteuse, en dehors de situations très spécifiques (protocoles, dispositifs particuliers, ou cadres expérimentaux).
Le recours au médecin restait la norme pour toute décision médicamenteuse.
Depuis 2026
L’arrêté introduit une avancée très attendue : la possibilité de prescrire certains traitements symptomatiques de première intention, notamment dans le cadre des soins de proximité.
On retrouve principalement :
- des antalgiques de palier I , avec adaptation des posologies dans le domaine de la douleur ;
- certains antipyrétiques ;
- des produits de premiers soins utilisés en lien direct avec les soins infirmiers ;
- élargissement en matière de prise en charge des plaies :
- Anesthésiques locaux peu importe la forme galénique (exclus les injectables) ;
- Antiseptiques pour les brulures et plaies traumatiques ;
- Pansements à l’argent
- Produits hémostatiques, irrigo absorbants, supra absorbants
- Nitrate d’argent en cas d’hyperbourgeonnement à faible dosage.
Impact terrain
Cette évolution change profondément la réactivité des soins à domicile.
Exemple concret :
Un patient douloureux ou fébrile en sortie d’hospitalisation ne nécessite plus systématiquement une consultation médicale pour une prise en charge de première intention si la situation est simple et évaluée par l’infirmier.
Cela ne remplace pas le médecin, mais cela évite des délais inutiles dans des situations banales mais fréquentes.
Dispositifs médicaux : plus de continuité dans les soins
C’est probablement le champ où l’évolution est la plus visible pour les IDEL.
Avant
Les infirmiers pouvaient prescrire une liste limitée de dispositifs :
- pansements élargie avec une prescription initiale de 7 jours ;
- matériel de perfusion ;
- certains dispositifs liés aux soins de base ;
- aides techniques spécifiques.
Mais de nombreuses situations restaient bloquées :
- renouvellement de matériel de maintien à domicile ;
- adaptation de dispositifs en fonction de l’évolution de l’état du patient ;
- coordination des soins complexes.
Depuis 2026
L’arrêté élargit significativement la liste :
- dispositifs d’aide au transfert et à la mobilité (location de cannes et béquilles, soulève malade )
- matériels liés à la continence ;
- dispositifs de sondage et d’auto sondage ;
- matériel de stomie ;
- renouvellement de dispositifs plus élargie.
Ce que cela change concrètement
C’est un point majeur pour les infirmiers libéraux.
Avant :
Attente de prescription médicale pour un simple renouvellement de matériel adapté.
Maintenant :
Adaptation immédiate en fonction de l’évaluation clinique au domicile :
En rôle propre
- Dispositifs médicaux concernant l’incontinence et appareil génito-urinaire élargies
- Dispositifs médicaux pour perfusions à domicile élargies
- Matériel d’aide à la détersion
Renouvellement à l’identique
- Renouvellement des sondes vésicales à demeure ;
- Renouvellement des pansements cathéters centraux ;
- Renouvellement capteurs et matériel type FreeStyle libre
- Renouvellement matériel nutrition entérale ;
- Renouvellement bandes et bas de contention
ATTENTION : il est bien noté que le pharmacien, lors d’un renouvellement doit être en mesure de consulter la prescription initiale.
Cela améliore directement :
- la sécurité du patient ;
- la continuité des soins ;
- le maintien à domicile ;
- la réactivité infirmière.
Examens complémentaires : un tournant dans le suivi clinique
C’est sans doute la nouveauté la plus structurante sur le plan professionnel.
Avant
Même lorsqu’un infirmier identifiait un besoin évident de surveillance biologique (infection, suivi de traitement, dégradation clinique), il devait :
- solliciter un médecin ;
- attendre une prescription ;
- parfois retarder le suivi.
Depuis 2026
L’arrêté autorise les infirmiers à prescrire certains examens biologiques ciblés, strictement en lien avec leur champ de compétences.
L’objectif n’est pas le diagnostic médical, mais :
- la surveillance ;
- l’alerte ;
- la continuité du suivi ;
- la sécurité des soins.
Ce que cela change dans la réalité
Dans la pratique, cela permet :
- un contrôle biologique plus rapide
- INR une fois lors d’un déséquilibre
- Dans le cadre d’une pathologie connue ou de symptômes évocateurs : NFS, plaquettes, ionogramme sanguin ;
- CBU avec antibiogramme si besoin;
- Glycémie à jeun ou dans le cadre de l’urgence chez un patient insulino traité ou en hypoglycémie ;
- Créatininémie, albuminurie/créatininurie et HBA1C chez les patients diabétiques connus et si les examens n’ont pas été prescrits depuis 3 mois.
- Bilan sanguin en recherche des risques cardiovasculaires en cas de sevrage tabagique : cholestérol, triglycérides et glycémie à jeun)
- une réévaluation sans rupture de parcours ;
- une meilleure coordination avec le médecin ;
- une diminution des délais inutiles.
Exemple typique :
Un patient chronique suivi à domicile peut nécessiter un contrôle biologique rapide avant adaptation du suivi médical. L’infirmier peut désormais initier cette démarche sans perte de temps.
Santé sexuelle et reproductive : de nouvelles possibilités
- Elargissement des prescriptions :
- Préservatifs
- Contraceptifs d’urgence
- Dosage béta-HCG
- Tests dépistage des IST (VIH, hépatites A et B, syphilis, chlamydia, gonocoque)
Confirmation du renouvellement des contraceptifs oraux (6 mois max) est confirmé.
Prescription infirmière : quel impact dans la pratique quotidienne ?
L’évolution introduite par la loi du 27 juin 2025 et l’arrêté du 26 juin 2026 ne se limite pas à un élargissement technique des possibilités de prescription.
Elle modifie en profondeur la place de l’infirmier dans le système de santé, en particulier pour les infirmiers libéraux qui interviennent au plus près des patients, dans des contextes souvent complexes, parfois isolés médicalement.
La question n’est donc plus uniquement : « Qu’est-ce que je peux prescrire ? », mais plutôt : « Qu’est-ce que cette nouvelle autonomie change dans ma manière de travailler ? »
Une pratique plus fluide et plus réactive
Pour les IDEL, l’un des effets les plus immédiats est la diminution des situations de blocage administratif.
Avant cette réforme, de nombreuses décisions cliniques pertinentes étaient retardées par la nécessité d’obtenir une prescription médicale :
- renouvellement de matériel de maintien à domicile ;
- adaptation de dispositifs de soins ;
- mise en place rapide de produits de confort ou de sécurité ;
- examens biologiques de suivi.
Dans la réalité du terrain, cela signifiait souvent des délais supplémentaires, des appels téléphoniques, des attentes de réponse médicale, parfois même des situations de rupture temporaire dans la continuité des soins.
Désormais, l’infirmier peut agir directement dans un cadre défini.
Cette capacité change profondément la dynamique de prise en charge :
- le soin devient plus continu ;
- la décision est prise au plus près du patient ;
- la réactivité est améliorée ;
- la coordination est simplifiée.
Une responsabilité professionnelle renforcée
Cette autonomie accrue ne peut pas être dissociée d’une augmentation de la responsabilité.
Prescrire, même dans un cadre limité, implique désormais pour l’infirmier :
- une analyse clinique structurée ;
- une connaissance précise des indications et contre-indications ;
- une traçabilité rigoureuse ;
- une capacité à justifier ses choix ;
- une vigilance sur les situations à risque.
Autrement dit, la prescription devient un acte clinique à part entière, intégré dans le raisonnement infirmier.
Cela implique également une évolution du positionnement professionnel : l’infirmier n’est plus seulement dans l’exécution ou l’adaptation, mais dans une logique de décision encadrée.
POUR INFO : Toute prescription doit faire l’objet d’une inscription sur le dossier patient ou au DMP.
Les limites du champ de compétences
L’un des enjeux majeurs de cette réforme réside dans la compréhension claire des limites.
L’élargissement des compétences ne signifie pas :
- poser un diagnostic médical ;
- remplacer le médecin ;
- prendre en charge des situations complexes sans coordination ;
- sortir du cadre défini par les textes.
L’infirmier reste dans son champ propre :
- l’évaluation clinique ;
- la surveillance ;
- la prévention ;
- la coordination ;
- et désormais, certaines prescriptions encadrées.
La frontière entre autonomie et collaboration reste donc centrale.
Le médecin conserve le rôle de référence pour :
- les diagnostics médicaux ;
- les stratégies thérapeutiques globales ;
- les situations complexes ou instables ;
- les décisions nécessitant une expertise médicale spécialisée.
Une transformation du travail en équipe
Loin d’isoler les infirmiers, cette réforme modifie surtout la manière de travailler ensemble.
Dans de nombreuses situations, la relation avec le médecin devient :
- moins administrative ;
- plus fluide ;
- plus centrée sur les situations complexes.
Les échanges se concentrent davantage sur les cas nécessitant une réelle expertise médicale, tandis que les prescriptions techniques ou de suivi peuvent être assurées directement par l’infirmier.
Cela permet une meilleure répartition des tâches :
- le médecin se recentre sur le diagnostic et la stratégie ;
- l’infirmier gagne en autonomie sur le suivi et la continuité des soins.
Un impact majeur pour les infirmiers libéraux
Pour les IDEL, l’impact est encore plus visible que dans d’autres secteurs.
En pratique, cette réforme permet :
- une réduction des délais de prise en charge ;
- une meilleure adaptation au domicile ;
- une diminution des interruptions de soins ;
- une capacité accrue à gérer les situations courantes sans dépendance systématique à une prescription médicale.
Elle renforce également le rôle central de l’infirmier libéral dans le parcours de soins à domicile, en particulier pour les patients :
- âgés ;
- dépendants ;
- atteints de pathologies chroniques ;
- en sortie d’hospitalisation.
Une montée en compétences indispensable
Cette nouvelle autonomie ne peut fonctionner que si elle s’accompagne d’une actualisation régulière des connaissances.
Les domaines concernés sont nombreux :
- pharmacologie de base ;
- vaccinologie ;
- dispositifs médicaux ;
- lecture des recommandations ;
- raisonnement clinique ;
- repérage des situations à risque.
La formation continue devient donc un élément central de sécurisation des pratiques.
L’enjeu n’est pas seulement réglementaire, il est aussi professionnel : il s’agit de garantir une prescription pertinente, sécurisée et adaptée à chaque situation clinique.
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Conclusion générale – Une évolution structurelle du métier infirmier
La loi du 27 juin 2025 et l’arrêté du 26 juin 2026 ne doivent pas être lus comme une simple extension de la liste des prescriptions autorisées.
Ils traduisent une transformation beaucoup plus profonde : celle de la place de l’infirmier dans le système de santé.
Progressivement, la profession évolue :
- d’un modèle centré sur l’exécution d’actes ;
- vers un modèle fondé sur le raisonnement clinique, l’évaluation et la décision dans un champ autonome.
La prescription infirmière n’est donc pas une fin en soi. Elle est l’un des outils qui permettent de rendre plus cohérente, plus rapide et plus fluide la prise en charge des patients.
Pour les infirmiers, cette réforme représente à la fois :
- une reconnaissance professionnelle ;
- une responsabilité accrue ;
- et une opportunité de valorisation de leurs compétences cliniques.
Dans les années à venir, cette évolution pourrait encore s’amplifier, dans un contexte où les systèmes de santé recherchent des organisations plus efficaces, plus proches des patients et mieux adaptées aux réalités du terrain.
Une chose est certaine : la fonction infirmière entre dans une nouvelle phase de son histoire, où l’expertise clinique occupe désormais une place pleinement reconnue dans la chaîne de décision en santé.
Concrètement, comment appréhender pour vous infirmiers, quelque soit votre statut (libéraux, salariés …) ces changements et compétences majeurs, une seule solution : la formation continue à la prescription.
FAQ – Prescription infirmière
Les infirmiers peuvent-ils prescrire des médicaments ?
Oui. Depuis l’arrêté du 26 juin 2026, certains médicaments et produits de santé peuvent être prescrits dans le cadre défini par la réglementation.
Quels examens biologiques les infirmiers peuvent-ils prescrire ?
Les IDE peuvent notamment prescrire certains examens de surveillance comme l’HbA1c, la glycémie, l’ECBU avec antibiogramme ou encore un INR dans certaines situations.
Les infirmiers peuvent-ils prescrire des dispositifs médicaux ?
Oui. Les possibilités de prescription et de renouvellement ont été élargies pour de nombreux dispositifs médicaux.
Les infirmiers peuvent-ils prescrire des vaccins ?
Les compétences vaccinales sont maintenues et consolidées dans le nouveau cadre réglementaire.
La prescription infirmière remplace-t-elle le médecin ?
Non. Les infirmiers interviennent dans leur champ de compétences tandis que le diagnostic médical et les décisions thérapeutiques complexes restent du ressort du médecin.
Pour approfondir les évolutions réglementaires de la profession :
Article rédigé par Brigitte Bax
Brigitte Bax est infirmière clinicienne et formatrice. Son expérience du raisonnement clinique, de la coordination des soins et de l’évolution des compétences infirmières apporte un éclairage pratique sur les nouvelles possibilités de prescription offertes aux IDE.